En 2025, la Chine a lancé les douze premiers satellites de la mission « Space Computing Constellation 021 », amorçant la création d’un vaste réseau de supercalculateurs alimenté à l’IA en orbite. Ce projet, visant à réduire la dépendance du pays aux infrastructures terrestres, prévoit à terme le déploiement de 2800 satellites, pour une capacité de calcul cumulée de 1000 péta-opérations par seconde. Cette constellation de satellites en orbite autour de la Terre va former un gigantesque ordinateur dans l’espace. C’est l’objectif de la Chine qui a entamé ce projet ambitieux, censée devenir à terme le premier data center spatial. La Chine se positionne déjà dans le « cloud computing » spatial.
Les douze premiers satellites de la première constellation informatique spatiale dédiée au « cloud computing » basée sur l’IA, qui traitera directement les données dans l’espace ont été lancé en mai 2025.
Ce système pourra rivaliser avec les superordinateurs terrestres les plus puissants une fois qu’il sera entièrement déployé. Ces douze premiers satellites sont chacun équipé de systèmes informatiques intelligents et de liaisons de communication inter satellites, ils ont été envoyés en orbite à bord d’une fusée « Longue Marche 2D » depuis le centre de lancement de satellites de Jiuquan.
Qu’il s’agisse de systèmes de navigation, de télescopes ou de réseaux de télécommunication, les activités humaines s’appuient de plus en plus sur les infrastructures placées en orbite. Mais dans la plupart des cas, les données recueillies doivent être rapatriées vers des centres au sol pour y être traitées, une contrainte qui implique une forte dépendance aux bandes passantes terrestres et peut entraîner des pertes ou des délais dans certaines conditions.
Pour pallier ces limites, les acteurs du secteur s’orientent désormais vers le concept d’« edge computing », ou informatique en périphérie, une méthode consistant à traiter les données au plus près de leur source. Dans le contexte spatial, cela implique une première phase de traitement directement effectuée par des calculateurs embarqués, réduisant ainsi la quantité d’informations à transmettre vers la Terre. Cette stratégie se veut également plus économe en énergie, avec pour objectif de diminuer l’empreinte carbone des systèmes de traitement intensif, comme les centres de données consacrés à l’IA.
Ce projet est piloté par la commission scientifique et technologique de Beijing, en collaboration avec les instituts de recherche spatiale et les entreprises de la ville, et prévoit de créer un centre de données spatial sur une orbite crépusculaire à environ 700 à 800 kilomètres au-dessus de la Terre.
La Commission municipale des sciences et technologies de Beijing et l’Institut d’Astro-future des technologies spatiales de Beijing, ainsi que le centre de données spatial formeront un système centralisé à grande échelle d’une puissance supérieure au gigawatt, comprenant des sous-systèmes de calcul spatial, de transmission par relais et de contrôle au sol. Chaque sous-centre du système sera capable d’héberger des clusters de serveurs d’une capacité totale de plusieurs millions de cartes. Le centre de données sera construit en trois phases. D’ici 2035, un centre de données spatial à grande échelle sera mis en place pour soutenir le calcul spatial.
Dirigé par l’Institut d’Astro-future des technologies spatiales de Beijing et ses entreprises affiliées, le consortium d’innovation pour le centre de données spatial rassemble 24 organisations de la chaîne industrielle.
Le consortium d’innovation se concentrera sur la construction et l’application du centre de données spatial. En termes d’intégration industrielle et de création d’écosystèmes, le consortium favorisera l’intégration du centre de données spatial avec des technologies de pointe, telles que l’intelligence artificielle (IA), les communications mobiles, les nouveaux matériaux et les nouvelles énergies, encourageant ainsi de nouveaux modèles commerciaux dans les applications de l’information spatiale. Le développement du satellite expérimental de première génération pour le centre de données est terminé, et son lancement a été effectué en mai 2025.
La commission a déclaré que le centre de données spatial représentait une intégration stratégique de l’espace commercial et de l’IA. La capitale chinoise renforcera son soutien, en positionnant le projet comme orientation clé pour la construction d’un centre international d’innovation scientifique et technologique, contribuant ainsi à la formation de nouvelles chaînes industrielles et d’une boucle commerciale fermée.
Le projet final consisterait à pouvoir envoyer dans l’espace de grandes quantités de données qui seraient triées, traitées et stockées sans être dépendantes de la Terre. Les Chinois, ou plus exactement les sociétés ADA Space et Zhejiang Lab, vont constituer le premier réseau de supercalculateurs dans l’espace. Cela s’inscrit dans le cadre du programme plus vaste Star Compute. Le projet consiste à créer toute une infrastructure informatique de haute technologie en orbite autour de la Terre, répondant ainsi à la demande croissante de calcul en temps réel dans l’espace.
Data center et espace