Chine – Etats-Unis – La confrontation indo-pacifique

Chine – Etats-Unis – La confrontation indo-pacifique

L’administration Biden, tout comme l’administration Trump auparavant, essaie d’équilibrer sa politique chinoise dans un triptyque, constitué de coopération, de compétition et de confrontation. L’objectif principal pour les stratèges américains est de contenir, voir de juguler la Chine, notamment dans la zone indo-pacifique. La compétition et la confrontation entre les deux pays sont de plus en plus importantes, notamment dans quatre domaines complémentaires, qui sont le domaine militaire, l’économie, la technologie, et la gouvernance. La différence principale entre les deux administrations ne porte donc ni sur la priorité , qu’est devenue la Chine, ni sur les objectifs recherchés , qui consistent principalement à conserver la primauté américaine, mais sur la méthode. L’administration Biden entend adopter une approche plus multilatérale et coopérative afin de s’assurer du soutien de ses partenaires dans les théâtres transatlantique et indo-pacifique, ce qui ne veut pas dire pour autant que Washington ne fait pas pression sur ses alliés, pour leur imposer sa stratégie.

La Chine est présentée comme le défi géopolitique à long terme le plus sérieux pour l’ordre international occidental et devient peu à peu, une menace, capable de contrer l’hégémonie américaine. Du point de vue américain, les capacités considérables de la Chine , avec des capacités qui continuent de s’accroitre considérablement, associées à une volonté du Parti communiste chinois de façonner un ordre international plus favorable aux intérêts du « Sud global », constituent un risque sans équivalent depuis la guerre froide. Ainsi, dans la stratégie de sécurité nationale américaine, non seulement la République populaire est présentée comme « le seul concurrent ayant à la fois l’intention de remodeler l’ordre international et, de plus en plus, la puissance économique, diplomatique, militaire et technologique pour le faire » mais aussi comme un pays ayant l’ambition de « créer une sphère d’influence accrue en indo-Pacifique ».

Face à une dégradation progressive et structurelle des relations entre la Chine et les États-Unis, les deux pays se considèrent désormais réciproquement comme leur principale menace extérieure. Les autorités chinoises reprochant aux États-Unis, leur stratégie de confrontation systématique avec Pékin. Ce qui a pour conséquence, de créer des tensions accrues et d’inciter les pays de la région a se réarmer. Des tensions, qui ont également pour conséquence, une crispation accrue des relations bilatérales entre les États-Unis et la Chine, avec pour point de discorde principale, la question de la réunification de l’île de Taïwan et le contrôle de cette région, que la Chine considère comme son arrière-cour. Et qu’elle en est, par conséquent, la puissance dominante. De fait, quiconque, comme le Japon en 1940, ou la Chine aujourd’hui, veut assurer sa prédominance sur le Sud-Est asiatique doit en priorité contrôler les eaux du Pacifique. Pour cela, il faut repousser la menace américaine à Hawaï, voire au-delà. L’objectif est d’empêcher la marine américaine de se projeter vers l’Asie et Taïwan par des sauts de puce à travers la myriade d’îles de l’Océanie : Marshall, Micronésie, Palaos, Fidji, Nauru, Papouasie-Nouvelle-Guinée… Durant la seconde guerre mondiale, en attaquant Pearl Harbor, l’objectif du Japon visait à neutraliser les États-Unis afin d’avoir le plein contrôle de son vaste empire (englobant l’Indochine, l’Indonésie, les Philippines et des milliers d’îles du Pacifique) sans que les américains ne puissent y intervenir. De la même manière, pour la Chine, il s’agit aujourd’hui d’en finir avec la suprématie américaine issue de la Seconde Guerre mondiale.

Lire la suite le 1er Août 2024.