L’arrivée d’une intelligence artificielle générale (GAIS)[1] a 99,9 % de chances de détruire l’humanité lors des 100 prochaines années, comme je l’ai écrit dans « GAIS – La coalition des relégués ».
Mais avant cela, des pertes d’emploi massives seront engendrées par les IA dans un avenir proche. Le monde n’était pas préparé aux transformations radicales que promet l’IA. Elle ne va pas se limiter à transformer le travail, mais pourrait tout bonnement le supprimer. Tout poste, même qualifié, deviendra obsolète si l’IA atteint ou dépasse l’intelligence humaine. E les investissements qui semblent totalement déraisonnables pour le développement des IA ne viseraient pas à aider les humains dans leur travail, mais à les remplacer. Dans les prochains conflits l’IA sera totalement autonome pour sélectionner des cibles et les détruire. D’ailleurs le conflit en Iran a été co-piloté par le logiciel IA de Palantir qui réduit par 100 le nombre d’analystes militaires en Iran avec seulement 20 Analystes qui étaient assistés par l’IA – contre 2.000 pendant la guerre du Golfe. Avec l’analyse des cibles à éliminer, le pilotage des unités de combat, le redéploiement des forces armées : le pilotage est encore humain mais le cerveau est devenu artificiel.
Le défi soulevé par ces systèmes est plus complexe et plus profond qu’il ne semble. Il ne se limite pas à l’adoption de technologies innovantes, mais implique la substitution graduelle de la réalité par sa reproduction virtuelle. Dans les univers numériques, conçus pour influencer, l’échange est affiné au point de rendre l’interaction authentique inutile. La présence d’êtres humains tangibles est effacée et le lien relégué à une simple réponse fonctionnelle.
Lorsque la simulation deviendra la norme, la capacité humaine de discernement sera diminuée et nos liens sociaux s’enfermeront dans des circuits autoréférentiels qui ne nous exposent plus au réel. Nous vivrons alors comme dans des bulles imperméables les unes aux autres.
Sans résistance e sans contre-pouvoir à l’influence de ces systèmes et sans plus de contacts humains et spirituels avec l’autre, la réalité devient une option facultative et l’être humain sera manipulés par des mécanismes invisibles à la conscience.et imperceptibles à l’esprit.
Le danger n’est pas que l’IA détruise trop d’emplois. Le risque est que les sociétés refusent de redistribuer les profits que cette destruction d’emploi va générer. Si les ressources libérées sont captées par une minorité, si la fiscalité reste figée sur le travail humain quand la valeur migre vers le capital algorithmique, si la reconnaissance sociale demeure exclusivement attachée à l’emploi marchand producteur d’objets, alors une infime minorité sera très riche, une large majorité n’aura pas les moyens d’accéder aux biens de l’économie de la vie et la pauvreté explosera. Ce ne sera pas forcément la faute de l’IA et des robots. Ce sera aussi celle des institutions et des choix politiques.
La question n’est donc pas: « l’IA va-t-elle supprimer des emplois ? » Mais « que ferons-nous de l’abondance qu’elle rend possible?» Et de toute cette masse humaine devenue improductive.
Les algorithmes manquent de bon sens quand ils sont livrés à eux-mêmes. La véritable intelligence émergera du tandem humain-machine. Avec l’intelligence artificielle (IA), on nous promet soit un merveilleux nouvel âge de possibles, soit le début du monde de la machine, sans les humains non connectés à GAIS.
Comme je l’ai écrit dans le livre « Gais – La coalition des relégués », tout comme l’a énoncé Geoffrey Hinton, l’intelligence artificielle n’est pas un outil, au service de l’homme mais un successeur potentiel.
L’IA risque d’entrainer des destructions massives du travail, de l’économie, de l’esprit et de générer des guerres d’une violence excessive. Et les géants de la tech sont inconscients de cela. Ils sont motivés uniquement par l’appât du gain. Dans quelques années, l’humanité sera dépassée par des IA devenues incontrôlables.
[1] GAIS — Global Artificial Intelligence System (système global d’intelligence artificielle).
Lire la suite : 1ᵉʳ juin 2026.