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TURQUIE- LA NOUVELLE PUISSANCE REGIONALE
Septembre 2010


La situation géographique de la Turquie est un facteur déterminant dans son évolution. Scindée en deux parties inégales, la " Turquie européenne " et la " Turquie asiatique ", cette dernière partie représente près de 90% de son territoire. La Turquie se trouve donc être une liaison territoriale essentielle entre l'Europe et l'Orient.
Ce carrefour géographique confère un rôle et une dimension particuliers au peuple turc. Associé à une volonté de suprématie, ce positionnement a permis l'émergence et le maintien de l'Empire Ottoman pendant plusieurs siècles.
Verrou des détroits du Bosphore, donnant sur deux mers, la Méditerranée et la Mer Noire, ce pays, à forte personnalité et à l'histoire prestigieuse, est au carrefour entre les influences européennes, perses, arabes caucasienne et russes.
La Turquie, est un des acteurs principaux de la résolution des problèmes du Caucase en opposition avec l'Iran ou de la Russie et peut contrôler le débouché des oléoducs de l'Irak et de la mer Caspienne vers l'Europe.
Part leur proximité avec le Caucase du Sud, les Turcs et les Iraniens tirent
l'ambition de s'appuyer sur cet espace instable et dépourvu d'Etats forts pour renforcer un statut de puissance régionale. Cependant, cette dynamique se heurte à leur incapacité de se doter de politiques régionales efficaces à la fois pour des raisons exogènes comme le risque de " panturquisme " d'un côté, la menace d'exportation de la révolution islamique de l'autre côté et des facteurs endogènes comme le contentieux turco-arménien, la crise irano-azérie sur fond de conflit au Haut-Karabakh entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
De plus, le plateau anatolien et les montagnes de l'est sont le " château d'eau " des deux grands fleuves du Croissant fertile : le Tigre et l'Euphrate, ils représentent donc un des acteurs majeurs de la " grande bataille de l'eau " qui s'annonce au Proche-Orient et conforte la Turquie dans son rôle de pivot incontournable de cette région.
Par ailleurs, au Proche-Orient, la Turquie et l'Iran se confrontent dans deux visions antagonistes mais de plus en plus complémentaires, en effet, ces deux puissances régionales et traditionnelles nourrissent des intérêts divergents mais constituent l'épine dorsale des alliances dans la région.
La vision iranienne se nourrit de la " résistance " aux projets occidentaux et à Israël. Elle répond à une demande, à une soif tiers-mondiste, de dignité et d'auto-détermination du monde arabe et du monde musulman et elle se conjugue principalement sur le mode militant.
A l'opposé, la vision turque met l'accent sur la diplomatie, elle récuse les embargos et les interdits de dialogue et elle privilégie l'intégration économique et l'interdépendance régionale.
Ce constat tend à diviser le Moyen-Orient en partisans de l'une ou de l'autre vision dans cette région si instable, ou chaque puissance régionale entend consolider ses positions.

 

THE ILLUSION OF THE MIDDLE EAST PEACE PROCESS

September 2010

After a century in which tragedy has been heaped upon tragedy across the Middle East, it is distressing to see how many dangerous illusions still shape the behaviour of so many of the region's principal players, including Israel on the first place.
Even though the political crisis between the United States and Israel over the latter's colony policies has been settled, it is far from over for Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu.
Netanyahu is still facing international pressure as opposition to his controversial policies grows.
Etymologists tell us that the word "religion" may come from the Latin root religare, meaning to adhere or bind. It's a wonderful derivation. In both its secular and religious manifestations, faith is alluring and seductive precisely because it's driven by propositions that bind or adhere the believer to a compelling set of ideas that satisfy rationally or spiritually, but always obligate.
And so it has been and remains with America's commitment to Arab-Israeli peacemaking over the past 40 years, and certainly since the October 1973 war gave birth to serious U.S. diplomacy and the phrase "peace process"
Since then, the U.S. approach has come to rest on an almost unbreakable triangle of assumptions and articles of faith. By the 1990s, these tenets made up a sort of peace-process religion, a reverential logic chain that compelled most U.S. presidents to involve themselves seriously in the Arab-Israeli issue.
Barack Obama is the latest convert, and by all accounts he too became a zealous believer, vowing within days of his inauguration "to actively and aggressively seek a lasting peace between Israel and the Palestinians, as well as Israel and its Arab neighbors."
Like all religions, the peace process has developed a dogmatic creed, with immutable first principles. First, pursuit of a comprehensive peace was a core, if not the core, U.S. interest in the region, and achieving it offered the only sure way to protect U.S. interests; second, peace could be achieved, but only through a serious negotiating process based on trading land for peace; and third, only America could help the Arabs and Israelis bring that peace to fruition.

 


L'intégralité des textes sera disponible
dans le prochain ouvrage intitulé : Strategies

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