NASSER ZAMMIT
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A découvrir prochainement : "L'Afrique et la question environnementale"
Parution prévue en mars 2012



.:: REFLEXIONS ::.

Africom - La stratégie militaire américaine pour l'Afrique
Janvier 2012

Le président américain George W. Bush a créé en Février 2007, le commandement militaire américain pour l'Afrique AFRICOM (United States Africa Command). Toutefois, c'est seulement en octobre 2007, que cette structure est entrée officiellement en fonction. Africom témoignait de la consolidation de la politique africaine des Etats-Unis.
Préparée par la guerre froide, cette politique africaine amorcée en 1993, comporte une forte dimension géostratégique. En raison des attentats du 11 septembre 2001, un enjeu stratégique s'est greffé à cette dimension.
La création d'Africom a été précédée de polémiques sur les véritables intentions américaines en Afrique. Pour de nombreux observateurs, Africom est l'expression de la volonté américaine d'établir des bases militaires sur ce continent.
Pour d'autres, ce commandement s'inscrit dans le soutien américain au renforcement des capacités africaines de maintien de la paix amorcé depuis 1996. Entre ces deux lectures, les explications officielles américaines permettent de dégager l'opinion selon laquelle Africom sert les intérêts africains afin de mieux défendre ceux des Etats-Unis sur le continent.
En octobre 2011, Africom a eu quatre ans d'existence. Cependant, malgré les explications officielles américaines, ses objectifs nourrissent encore une certaine polémique, notamment auprès des dirigeants africains. C'est cette polémique qui explique, en partie, que son siège qui avait été initialement installé à Stuttgart, pour une période transitoire d'un an, y demeure encore en janvier 2012.

Dans les faits, l'Africom constitue au-delà de toute autre explication officielle américaine, le bateau amiral de la lutte anti terroriste des Etats-Unis en Afrique. C'est donc pour ne pas exposer leurs partenaires africains dont les lacunes sécuritaires sont connues, et pour ne pas raviver la détermination des mouvements terroristes à frapper leurs intérêts en Afrique, que les Etats-Unis évitent d'afficher sa vocation antiterroriste.
La stratégie américaine passe par une conception nouvelle et un déploiement permanent et actif de la politique africaine des Etats-Unis. Elle établit une corrélation entre l'accroissement des intérêts américains en Afrique, l'impérieuse nécessité de les sécuriser, et l'avènement d'Africom. Enfin, à partir de la réalité qui, depuis les attentats de septembre 2001, fait dépendre une partie de la sécurité nationale américaine de l'Afrique, elle conclut à la vocation antiterroriste d'Africom.

C'est dans le sillage de l'effondrement du mur de Berlin (1989) et ses conséquences géostratégiques que les jalons de la politique africaine des Etats Unis sont posés dès 1993. L'argument principal de la diplomatie américaine repose alors sur le monopole politique et économique qu'exercent les anciennes puissances impériales européennes sur l'Afrique. Elle critique aussi le soutien que ces puissances apportent à des régimes autoritaires sur ce continent. Aussi, axe t- elle son offensive sur la défense de la démocratie et la responsabilisation de l'élite africaine. La dimension géostratégique de la contestation de la tutelle politique européenne sur l'Afrique par Washington est manifeste. Elle réaffirme l'approche réaliste qui structure la politique étrangère des États-Unis depuis leur intervention de 1917, date à laquelle remonte leur statut de grande puissance. Il est important de mentionner que derrière cette contestation américaine de la tutelle européenne, c'est principalement la France qui est visée. La fin de la guerre froide ayant débouché sur la libre concurrence politique et économique, en Afrique, Washington s'est engagé dans une dialectique des intelligences avec Paris. Afin de gagner du terrain sur la France, l'administration américaine instrumentalise les lacunes de la politique africaine de celle-ci. Elle dénonce la tutelle politique anachronique de Paris sur ses anciennes colonies et critique son soutien aux dictatures. Plus généralement, elle instruit le procès de l'aide publique au développement. Outre la promotion de la démocratie, l'administration américaine promet l'arrimage des économies africaines à l'économie mondiale. Pour cela, elle s'engage à accroître les investissements privés américains sur le continent et à alléger, en fonction du niveau de libéralisation de l'économie de chaque pays, la dette. Tout ceci a pour but, entre autre, de mettre fin aux marchés jugés captifs dont jouirait la France en Afrique. Stratégiquement, cette démarche américaine vise à séduire une opinion africaine très critique vis-à-vis de la politique africaine de Paris. Cependant, vu de la France, elle est perçue comme la déclaration d'une confrontation diplomatique et commerciale.

La création de l'Africom a été précédée de nombreuses rumeurs. En effet, de nombreux observateurs ont prêté aux Etats-Unis l'intention d'installer à travers le continent africain des bases militaires.
Africom a pour mission, la coordination des relations militaires entre les Etats-Unis et tous les États africains, à l'exception de l'Égypte. En raison de sa situation géostratégique particulière, ce pays demeure dans le giron du commandement Central américain. Le premier commandant de cette structure (1er octobre 2007 - 9 mars 2011) était le général afro-américain William E. Ward. Depuis le 9 mars 2011, c'est le général Carter F. Ham qui lui succède.

La mission d'Africom est : la protection, la défense de l'intérêt national américain par le renforcement de la capacité militaire des pays africains et des organisations régionales, et si nécessaire, par la conduite des opérations militaires afin de combattre la criminalité internationale et de créer un environnement de paix susceptible de garantir la bonne gouvernance et le développement durable en Afrique.

A ce titre, deux principes guident son action :
- Protéger le territoire des Etats-Unis, les citoyens américains et l'intérêt national américain de toute menace qui pourrait provenir de l'Afrique;
- Aider les partenaires africains des Etats-Unis à bâtir une capacité propre de maintien de la paix qui promeut la stabilité, la bonne gouvernance et le développement durable.

De façon préventive ou réactive, les Etats Unis doivent se tenir prêts à agir contre tout individu ou organisation qui en Afrique, menace leurs intérêts, ceux de leurs alliés ou de leurs partenaires.
Les buts militaires qui découlent de cette mission et de ces principes sont donc de :
- Combattre Al-Qaïda et de toutes les autres organisations extrémistes ;
- Renforcer les capacités des principaux pays africains et des partenaires régionaux en contribuant à la mise sur pieds d'institutions militaires démocratiques, respectueuses de l'autorité, des lois et au service des citoyens.
- Aider les principaux pays et partenaires africains des Etats-Unis afin qu'ils soient aptes à participer efficacement aux opérations de maintien de la paix au niveau régional et international ;
- Garantir aux Etats-Unis la capacité à venir en aide à l'Afrique ;
- Participer, aux côtés de l'ensemble du gouvernement, à la lutte contre les violations massives des droits de l'homme en Afrique à travers une coopération active avec les des armées africaines ;
- Garantir l'acheminement de l'aide humanitaire si nécessaire.

Dans cette perspective, Africom doit servir en Afrique de cadre pour la synchronisation des efforts militaires avec ceux des autres administrations américaines. Africom travaille donc de concert avec toutes les administrations intéressées en cas de besoin. Dans chaque pays, ce travail de synchronisation est placé sous l'autorité de l'ambassadeur américain. En fait, l'action d'Africom vient en appui à la politique étrangère des Etats Unis et notamment de sa politique africaine.
L'Africom est donc le résultat d'une réorganisation interne des structures de commandements américains dictée par l'accroissement des intérêts américains en Afrique.

Cet accroissement des intérêts américains dans cette région est la conjonction de plusieurs facteurs.

Le premier est relatif à l'élaboration d'une politique africaine des Etats-Unis à dominance économique, initiée sous l'administration Clinton dès 1993. Celle-ci est activement poursuivie par l'administration G. W. Bush dès janvier 2001.

Le deuxième concerne les attentats du 11 septembre 2001 ; qui ont révélé aux Etats-Unis leur important degré de dépendance énergétique vis-à-vis d'un Moyen Orient devenu hostile.

Le troisième porte sur le réexamen de la politique énergétique américaine. Il a conduit Washington à faire de l'Afrique noire son allié de revers dans sa relation avec ses partenaires du Moyen-Orient. Avec cette mutation, l'Afrique gagne en importance stratégique dans la sécurité des Etats-Unis. En effet, désormais, une partie de leur sécurité s'y joue notamment aussi, face à la montée en puissance de la Chine sur le continent.

Le quatrième facteur concerne l'incapacité structurelle des partenaires africains des Etats-Unis à assurer efficacement la sécurité sur le continent. Leurs lacunes en matière sécuritaire étant connues, les intérêts américains y sont plus exposés qu'ailleurs.
C'est donc en combinant ces quatre facteurs avec la menace terroriste qui plane sur leurs intérêts en Afrique depuis 1998, que les Etats-Unis ont décidé de la création d'Africom.



North Korea after Kim Jong II
January 2012

North Korea's stability is in question as the country tries to smoothly transition from the leadership of the late Kim Jong Il to that of his youngest son and chosen successor, Kim Jong Un.
Kim Jong Il had been the clearly designated successor to his father for decades before taking power, while Kim Jong Un was only officially selected in late 2010. But the way in which Kim Jong Il's death has been handled thus far, as well as China's continued support, demonstrate the interest that external forces and North Korea's elites have in keeping the succession in order.
The death of North Korean leader Kim Jong Il is raising questions around the region and world as to whether North Korean leadership can smoothly transition to Kim's son and chosen successor, Kim Jong Un. One concern is that Kim Jong Un, the youngest of Kim Jong Il's three sons, is thought to be between 27 and 30 years old and has had little formal training or preparation to lead North Korea. Unlike Kim Jong Il, who was the clearly designated successor decades before taking over for his father, North Korean founding President Kim Il Sung, Kim Jong Un was only officially designated as his father's successor at a special conference of the Workers' Party of Korea in September 2010. And it was only in January 2009 that the younger Kim was purportedly announced by his father to internal North Korean leadership as the chosen next leader.
The impact of succession on North Korea's stability is significant because the country is not, as some outsiders portray it, a monolithic entity ruled by a single leader. Rather, the recently deceased North Korean leader, like his father before him, maintained rule over North Korea by balancing several different factions within the elite structure: the old guard revolutionary fighters; sons of martyrs; the military, the Workers' Party of Korea and the Supreme People's Assembly; various familial connections; and individuals and groups with various economic interests (overt or otherwise). It is with this management of the various personal and group interests among the North Korean elite that incoming leader Kim Jong Un has had little experience.
The way in which the news of Kim Jong Il's death has come out of North Korea suggests that the North Korean elite are holding together, at least for the moment. It also suggests that while the timing of the death may have been unexpected, the response had been well prepared and agreed upon long before. Since Kim Jong Il's rumored stroke in 2008, the North Korean elite have focused heavily on the imminent leadership transition and the protection of their own interests, which are embedded in the continuation of the current North Korean political system. But even though Kim Jong Un lacks strong credentials and relations within the North Korean elite, he is not necessarily standing alone.

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