Le 25 décembre dernier, la Corée du Nord a décidé de révéler son premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) de conception nationale en diffusant des images dévoilant l’intégralité de ce sous-marin lors d’une visite du dirigeant Kim Jong-Un et présentant le bâtiment dans un état proche des essais. Il s’agit plus spécifiquement d’un sous-marin que Pyongyang devrait doter d’armes nucléaires, le qualifiant de « sous-marin stratégique à missiles guidés » ou de « sous-marin stratégique d’attaque nucléaire ». Le flou demeure cependant sur sa propulsion. Le dévoilement de ce sous-marin n’est pas anodin puisqu’il intervient peu de temps après le soutien du président américain Donald Trump à un renforcement des capacités navales sud-coréennes. Cette avancée exacerbe les tensions dans la péninsule coréenne, alors que Séoul projette également de se doter de ses propres sous-marins à propulsion nucléaire avec un soutien américain. En outre, la Corée du Nord continue de procéder à des tirs de missiles balistiques en mer du Japon.
En juin dernier, le dirigeant Kim Jong Un avait annoncé que la capacité de production nucléaire militaire de la Corée du Nord avait « plus que doublé » en cinq ans lors d’une visite dans une usine nouvellement inaugurée, probablement l’usine d’enrichissement d’uranium de Yongbyon, promettant un accroissement « exponentiel » de l’arsenal[1]. Retirée du TNP en 1993, ayant constitutionnalisé son statut nucléaire en 2022 et estimée à quelques dizaines d’ogives, la Corée du Nord accélère sa production pour répondre au besoin croissant d’ogives destinées à ses missiles tactiques déjà dévoilés en grand nombre, tout en essayant de développer des capacités sous-marines de lancement d’ogives nucléaires. À l’époque et dans le contexte des négociations américano-iraniennes sur le nucléaire, Pyongyang mettait délibérément en avant ses capacités croissantes pour signaler à Washington que la dénucléarisation n’est pas négociable et que son statut de puissance nucléaire est définitivement irréversible.
Pyongyang s’est retiré du Traité de non-prolifération en 1993 et a depuis procédé à six essais nucléaires ainsi qu’à des dizaines d’essais de missiles balistiques, dont certains sont capables, selon les experts, d’atteindre le territoire des États-Unis. Ce programme militaire vaut à la Corée du Nord de faire l’objet de lourdes sanctions de la part des Nations unies. Résistant aux pressions des États-Unis et de leurs alliés, Pyongyang a déclaré en 2022 que son statut de puissance nucléaire était « irréversible ». Le pays considère son arsenal nucléaire, estimé à quelques dizaines d’ogives, comme une assurance-vie contre toute tentative d’invasion de son territoire ou de renversement de son régime. La Corée du Nord a procédé à huit essais de missiles cette année, ce qui, selon les analystes, pourrait refléter les efforts de Pyongyang pour tirer profit de l’érosion des normes internationales afin de consolider son statut nucléaire. De plus, pendant longtemps la Corée du Nord a été cantonnée à une flottille côtière asymétrique, mais ce pays amorce désormais une transformation radicale avec, déjà, le lancement en 2025 de deux destroyers Choe-Hyon de 5000 tonnes équipés de 74 missiles en tubes verticaux, radar à antenne active, système Pantsir-M russe, une manifestation visible du partenariat stratégique avec Moscou.
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[1] 38 North https://www.38north.org/2026/01/new-missiles-but-fewer-launches-a-missile-sub-reveal-and-a-nuclear-armed-air-force/ and NPR, « North Korea unveils a new plant to produce fuel for nuclear weapons », 4 juin 2026. https://www.npr.org/2026/06/04/g-s1-126041/north-korea-unveils-a-new-plant-to-produce-fuel-for-nuclear-weapons
Lire la suite : 1er décembre 2026